- Article
- Source: Campus Sanofi
Ancienneté du diabète, contrôle glycémique et risque de mortalité
La durée d'évolution du diabète modifie la relation entre contrôle glycémique et risque de mortalité: pistes pour adapter les objectifs thérapeutiques selon le profil du patient.
Les résultats soulignent l'importance de considérer l’ancienneté du diabète comme un critère essentiel chez ces patients lors de la définition d'objectifs de traitement individuels.
À retenir
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Chez les patients âgés atteints de diabète de type 2 (DT2) en soins primaires, le risque de mortalité varie en fonction des niveaux de contrôles glycémiques et de l’ancienneté du diabète.
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Chez les patients atteints de diabète depuis peu de temps (<5 ans), le risque de mortalité augmente à mesure que le contrôle glycémique se détériore.
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Chez les patients atteints de diabète plus ancien (≥5 ans), une relation sous forme de courbe en J a été observée : le risque de mortalité était maximal lorsqu’il était associé à un taux d'hémoglobine glyquée (HbA1c) moyen <6,5 % et ≥9,0 % et était minimal avec un taux de HbA1c moyen dans l’intervalle de 6,5 % à 7,9 %.
Pourquoi est-ce important?
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Ces résultats suggèrent qu'un contrôle étroit de la glycémie peut s'avérer bénéfique chez les patients atteints de diabète depuis moins de 5 ans (considéré comme un diabète récent), tandis qu'un objectif moins strict peut se justifier chez les patients atteints de diabète depuis 5 ans ou plus (considéré comme un diabète plus ancien).
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L’ancienneté du diabète doit également être considérée comme un critère essentiel, en plus des autres comorbidités du patient, lors de la définition des objectifs de traitement individuel chez les patients âgés atteints de diabète de type 2.
Méthodologie
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La présente étude a évalué 9734 patients atteints de diabète de type 2 en soins primaires (âge médian de 73,5 ans), issus des registres nationaux de la population, des patients et des prescriptions du Danemark.
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Les patients inclus étaient ceux pour lesquels 3 mesures annuelles du taux de HbA1c ont été effectuées entre 2005 et 2013.
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La présentation principale était la moyenne des trois mesures du taux de HbA1c.
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Les patients ont été répartis en plusieurs groupes, en fonction des taux de HbA1c moyens pertinents sur le plan clinique :
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<6,5 % (<48 mmol/mol) ;
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6,5 % à 6,9 % (48 à 52 mmol/mol) ;
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7 % à 7,9 % (53 à 63 mmol/mol) ;
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8 % à 8,9 % (64 à 74 mmol/mol) ; et
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≥9 % (≥75 mmol/mol).
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Deux catégories ont été identifiées en fonction de l’ancienneté du diabète : courte (<5 ans) et longue (≥5 ans).
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Critère d'évaluation primaire : mortalité toutes causes confondues.
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Critères d'évaluation secondaires : décès d'origine cardiovasculaire et décès d'origine non cardiovasculaire.
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Financement : Fondation danoise pour le cœur (Hjerteforeningen), Fondation pour la Recherche de l'Hôpital Universitaire de Copenhague et autres.
Principaux résultats
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En tout, 3320 patients sont décédés au cours du suivi médian de 7,3 ans (écart interquartile, 4,6-8,7).
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La relation entre le taux de HbA1c moyen et le risque de mortalité toutes causes confondues dépendait significativement de l’ancienneté du diabète (Pinteraction<0,001).
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Chez les patients atteints de diabète récent (<5ans), le risque de mortalité augmentait avec le taux d’HbA1c (référence : HbA1c, <6,5 %) :
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6,5 %-6,9 % : HR ajusté (HRa), 1,10 ; IC à 95 %, 0,97-1,25 ; P=0,135 ;
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7,0 %-7,9 % : HRa, 1,26 ; IC à 95 %, 1,09-1,44 ; P=0,001 ;
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8,0 %-8,9 % : HRa, 1,50 ; IC à 95 %, 1,18-1,90 ; P<0,001 ; et
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≥9 % : HRa, 1,45 ; IC à 95 %, 1,02-2,06 ; P=0,041.
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Chez les patients atteints de diabète ancien (>5ans), une relation sous forme de courbe en J a été observée entre les taux de HbA1c moyens et la mortalité toutes causes confondues (référence : HbA1c, 7,0 %-7,9 %) :
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<6,5 % : HRa, 1,21 ; IC à 95 %, 1,07-1,37 ; P=0,002 ;
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6,5 %-6,9 % : HRa, 1,00 ; IC à 95 %, 0,87-1,15 ; P=0,970 ;
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8,0 %-8,9 % : HRa, 1,32 ; IC à 95 %, 1,12-1,57 ; P=0,001 ; et
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≥9 % : HRa, 1,60 ; IC à 95 %, 1,28-1,99 ; P<0,001.
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Chez les patients atteints de diabète quel que soit son ancienneté, on observe une relation similaire avec la mortalité d'origine non cardiovasculaire, mais aucune relation significative avec les décès d'origine cardiovasculaire.
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L'effet observé chez les patients atteints de diabète récent (<5ans) (Pinteraction>0,05) ou plus ancien (>5ans) (Pinteraction>0,05) n'a pas été influencé par divers autres critères tels que l'âge, le sexe ou la co-morbidité.
Limitations
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Aucune information n'était disponible quant à l’équilibre glycémique et l’état général des patients.
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Cette étude porte sur un groupe de patients dont la représentativité reste à démontrer.
- Ghouse J, Isaksen JL, Skov MW, Lind B, Svendsen JH, Kanters JK, Olesen MS, Holst AG, Nielsen JB. Effect of diabetes duration on the relationship between glycaemic control and risk of death in older adults with type 2 diabetes. Diabetes Obes Metab. 2020 ; 22(2) : 231-242. doi: 10.1111/dom.13891. PMID: 31596048.
Chez les patients diabétiques de longue date, les complications microvasculaires et macrovasculaires sont souvent déjà installées, ce qui modifie le bénéfice attendu d'un contrôle glycémique très strict. Le risque d'hypoglycémie sévère devient alors plus préoccupant que le bénéfice potentiel sur la prévention de complications déjà présentes. Cette nuance justifie une réévaluation régulière des objectifs au fil du temps.
Plusieurs études ont mis en évidence une relation en forme de U entre le niveau d'hémoglobine glyquée et le risque de mortalité, avec un risque accru à la fois pour des valeurs très basses et très élevées. Ce constat souligne l'importance de ne pas viser systématiquement l'objectif glycémique le plus strict possible chez tous les patients. L'individualisation reste la clé d'une prise en charge équilibrée.
Chez un patient diabétique de longue date, l'objectif glycémique doit être réévalué en tenant compte des comorbidités, de l'espérance de vie et du risque d'hypoglycémie. Un objectif plus souple peut être préférable chez les patients fragiles ou présentant des complications avancées. Cette adaptation nécessite un dialogue régulier entre le professionnel de santé et le patient sur les priorités de la prise en charge.
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